Picasso et les maîtres espagnols

La nouvelle exposition des Carrières de Lumières retrace un siècle de peinture espagnole. De la cour espagnole aux scènes champêtres de Goya, on voyage à travers les jardins enchanteurs de Rusiñol, les portraits de Zuloaga et les scènes en bord de mer du lumineux Sorolla pour se plonger dans l’univers pictural foisonnant de Picasso et son œuvre magistral qui nous transporte dans l’art du XXe siècle.

L’exposition s’ouvre sur le salon d’un palais madrilène du XVIIIe siècle décoré de portraits de cour de Goya. Par les fenêtres apparaissent les scènes champêtres qu’affectionnait le peintre dans les premières années de sa carrière. On distingue également les jardins ordonnés et fleuris de Rusiñol. Au loin, une fête andalouse se prépare et attire notre attention. Des personnages aux costumes colorés nous invitent à danser. La seconde séquence établit un dialogue entre les portraits classiques de Zuloaga et ceux plus modernes et impressionnistes de Sorolla. Ses tableaux peuplés de pêcheurs, de nobles dames et d’enfants jouant sur la plage, clôturent ce cycle consacré aux peintres espagnols pour laisser place à Pablo Picasso.

On débute cette découverte de l’œuvre du maître par La Joie de vivre et de fabuleuses linogravures évoquant la douceur de vivre sur les rives de la Méditerranée. Paysages lumineux, découpages, Jazz, la légèreté et la fantaisie des années 30, animent ses créations. En perpétuelle évolution, Picasso élabore son style, ses techniques. Les Demoiselles d’Avignon apparait en œuvre phare de l’art moderne et transporte le spectateur au cœur des formes et de l’esprit génial de l’artiste.

D’un chef d’œuvre à l’autre, c’est dans une atmosphère tout à fait différente que l’œuvre Guernica rentre en scène. Devant l’intensité de cette toile créée en 1937 en réaction aux bombardements allemands sur la ville espagnole de Guernica, le spectateur est plongé dans la réalité du temps et la violence de la guerre fait écho à notre époque. Instant fort, chargé d’émotions, la puissance de l’œuvre transmet sa force au public.

Dans une ambiance apaisée, nous retournons dans les périodes bleue et rose de sa jeunesse, au rythme de la vie du maître, nous découvrons ensuite ses autoportraits et ses caricatures peints dans la dernière période de sa vie. Là se dévoilent sa volonté d’expérimenter une nouvelle manière de peindre, volontairement grotesque, où l’exubérance et la vitalité l’emportent.

Le final retrace la vie de l’artiste à travers les portraits de ses femmes et muses. Un kaléidoscope de portraits de celles qui ont toujours été sa plus belle source d’inspiration.